Archives mensuelles : octobre 2019

Le THC peut être utile dans la guérison des plaies parodontales

La consommation de cannabis à des fins médicales et récréatives augmente de manière significative, mais ses effets sur la santé bucco-dentaire restent flous. Une étude américaine viens de mettre en valeur l’action positive du THC sur les plaies parodontales. THC & parodontite : étude sur le sujet.

La parodontite est une inflammation du parodonte, c’est-à-dire des tissus de soutien de l’organe dentaire : la gencive, le cément, le ligament alvéolo-dentaire et l’os alvéolaire.

Le but de cette étude était d’étudier les effets du tétrahydrocannabinol (THC), principal composant actif du cannabis, sur l’adhérence et la migration des cellules parodontales des fibroblastes, afin d’explorer son rôle dans la régénération parodontale et la cicatrisation des plaies.

Elle à été réalisée à l’université de Détroit Mercy,  dans l’école de Médecine Dentaire, à Détroit, aux États-Unis. Vous pouvez la retrouver en cliquant sur ce lien.

L’adhésion et la migration des cellules de fibroblastes parodontaux humains (HPLF) ont été analysées par un test de cicatrisation de plaie in vitro avec et sans THC.

La voie de signalisation focale kinase (FAK) a été étudiée pour découvrir le mécanisme cellulaire sous-jacent. La dépendance des récepteurs aux effets des cannabinoïdes a été examinée en utilisant des antagonistes sélectifs pour bloquer le THC.

THC & parodontite : les résultats de l’étude

Les chercheurs notent que :

CB1 et CB2 étaient tous deux exprimés dans des tissus parodontaux mais avec des profils d’expression différents. Le tétrahydrocannabinol favorise la cicatrisation des plaies parodontales en induisant l’adhésion et la migration des cellules HPLF. Cela a été médié par l’activation de FAK (focal adhesion kinase) et sa modulation des activités MAPK. L’effet des cannabinoïdes sur l’adhérence et la migration des cellules de fibroblastes parodontales était principalement dépendant du CB2.

Pour simplifier, les scientifiques affirment que le THC a amélioré la cicatrisation des plaies parodontales en induisant la migration des cellules et d’autres mécanismes.

Ces effets ont été principalement médiés par le récepteur CB2.

D’après eux, ces résultats suggèrent que les cannabinoïdes pourraient contribuer au développement de nouveaux agents thérapeutiques pour la régénération parodontale et la cicatrisation des plaies.

Source : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/31461164

Le CBD peut améliorer le dysfonctionnement métabolique chez les personnes diabétique

Lors d’une étude portant sur des rats diabétiques soumis à une réduction chronique de l’apport sanguin au cerveau, un traitement au CBD pendant 30 jours (10 mg/kg de poids corporel) a amélioré le métabolisme de ces derniers.

Étude de l’action du Cannabidiol sur le diabète

Une étude à été conduite par une équipe de scientifiques issus du Département de Biochimie, à l’Université d’État de Maringa, au Brésil. Comme d’habitude, vous pouvez consulter cette étude en cliquant sur ce lien.

Le cannabidiol (CBD), un composé obtenu à partir du chanvre, possède un large éventail de propriétés thérapeutiques, notamment l’atténuation du diabète et la neurodégénérescence.

L’ischémie cérébrale et les difficultés d’apprentissage qui en résultent sont aggravées chez les sujets diabétiques âgés. Cependant, aucune étude n’a montré l’effet du traitement au CBD chez les patients diabétiques âgés souffrant d’ischémie cérébrale.

Le présent travail vérifie l’hypothèse selon laquelle le traitement au CBD améliore les dysfonctionnements métaboliques chez les rats diabétiques d’âge moyen soumis à une hypoperfusion cérébrale chronique.

Les animaux ont été traités pendant 30 jours avec 10 mg de CBD / kg pc / jour.

Le CBD et le diabète

Après traitement, les taux de glycémie, d’insuline, de cholestérol total, de lipoprotéines de haute densité (HDL), de lipoprotéines de basse densité (LDL), de triglycérides, de fructosamine, d’aspartate aminotransférase (AST) et d’alanine aminotransférase (ALT) ont été évalués. .

Le groupe DCT présentait une réduction de l’hyperglycémie et une augmentation de l’insulinémie. En outre, des taux plus faibles de fructosamine, de LDL, de HDL, de triglycérides et de cholestérol total ont été observés. Les concentrations en AST et en ALT ont été réduites dans les groupes traités au CBD.

Les chercheurs concluent :

Le CBD peut être utilisé comme outil thérapeutique pour protéger le métabolisme contre les lésions dues à un diabète aggravé par une ischémie cérébrale

Source : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/31499052

Le cannabis peut être utile contre la spasticité

Le traitement de la spasticité pose un défi majeur dans la gestion des patients atteints de sclérose latérale amyotrophique (SLA). Le CBD est approuvé pour le traitement de la spasticité dans la sclérose en plaques, constitue une option de traitement complémentaire non indiquée sur l’étiquette de la spasticité liée à la SLA. Cependant, peu de données structurées sont disponibles sur le CBD dans le traitement de la spasticité dans la SLA. Cannabis & spasticité.

Une étude de cohorte rétrospective monocentrique a été réalisée chez 32 patients atteints de sclérose latérale amyotrophique avec spasticité. Ces patients ont eu accès à un traitement avec le spray de cannabis Sativex, avec une dose moyenne de 5,5 pulvérisations (entre 1 à 20 doses par jour).

Cannabis & spasticité

Vous pouvez retrouver cette étude en cliquant sur ce lien. Elle à été réalisée au entre pour la SLA et autres troubles de la motricité, à Charité, dans l’université de Médecine, à Berlin, en Allemagne.

Chaque pulvérisation contient 2,7 mg de THC et 2,5 mg de CBD.

Voici les niveaux de satisfaction moyens trouvés (valeur maximale 100): efficacité 70,5, commodité 76,6 et satisfaction globale 75,0.

Les auteurs ont conclu que “les résultats suggèrent que la combinaison THC: CBD pourrait constituer un ajout précieux dans le spectre du traitement symptomatique de la SLA.”

Source : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/31493784

Etats-Unis : les pneumopathies viennent-elles des cigarettes électroniques ? (non)

« Dangers du vapotage », « le vapotage est-il dangereux ? », « Vapoter est-il dangereux ? ». Suite à l’épidémie de pneumopathies aux Etats-Unis, les médias feraient presque oublier que la cigarette fait 15000 morts par an en Belgique. Mais surtout, ils se trompent de sujet.

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Que se passe-t-il aux Etats-Unis ?

Nous en avons évidemment déjà parlé, mais au vu du traitement du sujet, il ne nous paraît pas inutile de refaire un point. Des centaines de cas de pneumopathies, causant au moins douze décès, sont apparus depuis la fin août aux Etats-Unis. Le cannabis a d’abord été pointé du doigt. Mais toute personne sensée et/ou impliquée de près ou de loin avec ce produit sait que le cannabis seul n’a rien à voir là-dedans. En revanche, tout ce qu’il y a autour, potentiellement.

Et c’est là la complexité de la situation : un unique produit n’a pu être identifié comme la cause de ces maladies. Les dénominateurs communs sont, dans la majorité des cas, des cartouches de THC achetées au marché noir. Tous ne répondent pas à ce critère : on a aussi vu du CBD synthétique ou des liquides sans cannabinoïdes. Trois responsables ont été mis en cause, sans qu’un seul ne soit présent dans la totalité des cas :

  • un solvant utilisé pour fluidifier l’huile THC, l’acetate de vitamine E notamment
  • des cannabinoïdes synthétiques
  • des métaux lourds dégagés lors de la montée en température de cartouches trop bon marché

Le succès des vape pen aux Etats-Unis tient en 3 points : discrétion, pratique pour microdoser, pas de combustion.

La cigarette électronique est-elle dangereuse ?

Alors qu’une crise du tabagisme chez les jeunes via des cigarettes électroniques très dosées en nicotine fait rage au même moment aux Etats-Unis, le débat s’est subtilement déporté de produits illicites et frelatés à base de cannabis vers la cigarette électronique, pourtant un des principaux moyens de réduction des risques pour les fumeurs qui consomment de la nicotine.

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Est-ce légitime ? Si les cigarettes électroniques et les vape pen partagent parfois un même fonctionnement, les produits consommés par leur intermédiaire sont tout à fait différents.

Les e-liquides consommés dans les cigarettes électroniques en Belgique sont composés de Propylène Glycol et de Glycérine Végétale (PG et VG), d’arômes adaptés à l’inhalation et de nicotine ou de CBD. Les e-liquides s’achètent en flacons qui viennent remplir et recharger les réservoirs des e-cigarettes.

Les cartouches de THC sont, elles, composées d’huile THC (le plus souvent du distillat ou Clear), de terpènes (souvent naturels et issus de fruits, rarement de cannabis, mais parfois synthétiques) et parfois d’un fluidifiant pour lier le tout. Les cartouches se vissent sur la batterie du vape pen et ne sont pas rechargeables.

La cigarette électronique est-elle sans risque ? Peut-être pas, le consensus scientifique n’est pas fait sur la totale innocuité du mélange PG/VG. A-t-elle causé ces pneumopathies aux Etats-Unis ? Absolument pas. Faut-il retourner vers la combustion ? A vous de choisir (un fumeur sur 2 meurt du tabagisme).

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La cigarette électronique est-elle dangereuse en Belgique ?

Les autorités sanitaires surveillent de près les produits mis sur le marché et encadrent strictement les formulations que les fabricants sont tenus de déposer. La cigarette électronique a permis de faire diminuer le nombre de fumeurs en Europe de six millions en 2017, plus que n’importe quelle politique de santé publique.

Et si on voulait chercher des poux à la cigarette électronique, il faudrait davantage taper vers les accidents liés à des e-liquides contenant des cannabinoïdes synthétiques. K2, Spice ou Buddha Blue, les noms diffèrent mais les effets sont les mêmes : paralysie, tachycardie, hallucinations, détresse respiratoire… Là aussi, des produits viciés vendus sous le manteau. Mais pas de quoi remettre en cause les e-liquides vendus en magasin.

Quel impact ont eus les médias sur les entreprises qui vendent du e-liquide ? Lionel Jean-Marie, Directeur chez Greeneo, nous explique :

« Bien sûr que l’industrie de la Vape, dans sa globalité, souffre des polémiques venant des Etats-Unis.

Concernant le CBD, nous avons de plus en plus de questions relatives à la provenance des matières premières, à la composition des liquides. Les professionnels, comme les consommateurs finaux ont besoin d’être rassurés, et c’est normal. Nous faisons preuve de beaucoup de transparence en mettant à disposition nos fiches de sécurité produits, nos analyses CBD / THC. L’acheteur, qu’il soit une boutique ou un consommateur doit disposer de documents rédigés en France et répondant aux exigences de la législation française.

Nous nous assurons aussi que nos matières premières sont d’origine organique : pas de CBD de synthèse, pas de cannabinoïdes de synthèse. Nos liquides sont exclusivement composés de PG, de VG, de CBD organique contrôlé et de terpènes naturels.

Nous sommes dans un marché encore nouveau et beaucoup de « produits » arrivent en France sans forcément se caler sur le cahier des charges imposé. Notre stratégie aujourd’hui, et je parle au nom de nombreux fabricants français, est d’ouvrir le dialogue entre toutes les parties du marché pour montrer que nos produits sont FRANÇAIS, manufacturés, embouteillés en France, dans le respect d’un cahier des charges strict et rigoureux. »

Dans la mesure où la cigarette électronique et ses e-liquides ne sont pas responsables des maladies respiratoires américaines, pourquoi les médias les assimilent à des produits frelatés ? Est-il trop dur de vérifier les informations ? De contacter des personnes « sachantes » ? Aucune idée. Mais le professeur Dautzenberg, tabacologue et ancien pneumologue, résume bien le traitement du sujet