Une nouvelle attaque contestée contre la cigarette électronique | Actualité | LeFigaro.fr – Santé

Un produit cancérigène pourrait être produit par la cigarette électronique en cas de surchauffe. Un risque très limité selon les experts, qui rappellent que la cigarette classique reste de toute façon plus toxique.

Présentée par ses fabricants comme totalement inoffensive, la cigarette électronique se retrouve une nouvelle fois au cœur des controverses après la publication d’une étude ce mardi. Chauffée à une puissance importante, la vapeur contenant de la nicotine dans l’e-cigarette peut produire du formaldéhyde, une substance hautement cancérigène, constatent les auteurs d’une recherche publiée dans la dernière édition du New England Journal of Medicine (NEJM).

L’équipe de scientifiques a utilisé une machine à «inhaler» de la vapeur de cigarettes électroniques à faible et à haut voltage pour déterminer de quelle manière se forme le formaldéhyde à partir du liquide composé de nicotine, d’agents chimiques aromatisants, de propylène glycol et de glycérine. Quand le liquide est chauffé à plus de 5 volts, le taux de formaldéhyde fabriqué lors d’une combustion serait alors largement plus élevé que celui contenu dans les cigarettes habituelles, constatent les chercheurs. Un phénomène déjà rapporté par des tests de 60 Millions de consommateurs en septembre 2013.

Ainsi, un consommateur de cigarettes électroniques qui inhale chaque jour l’équivalent de trois millilitres de ce liquide chauffé au maximum, absorberait quelque 14 milligrammes de formaldéhyde. En comparaison, une personne qui fume un paquet de cigarettes papier par jour avale environ trois milligrammes de cette molécule cancérigène. Sur le long terme, l’inhalation de 14 milligrammes de cette substance nocive par jour pourrait multiplier par 5 à 15 fois le risque de cancer, selon de précédentes études.

Un goût insupportable

Pour le Dr Jacques le Houezec, consultant en santé publique et enseignant universitaire en pharmacologie de la nicotine, investi dans la lutte contre le tabagisme et défenseur de l’e-cigarette, «le problème de ce type de recherches est qu’elles sont conduites par des personnes ne connaissant pas grand-chose à l’e-cigarette». Le médecin rappelle l’importance de mesurer le taux de chaleur en watts et non en volts, avant de préciser que la puissance de 5 volts testée par les chercheurs est irréaliste: «Cinq volts sont équivalents à 16 watts et à cette puissance de chauffe, on voit se développer ce que l’on nomme un «dry puff»: une bouffée avec un goût insupportable tout simplement impossible à inhaler. Les utilisateurs ne sont donc jamais exposés à de telles concentrations de formaldéhyde. Dans des conditions normales de vapotage, le taux de formaldéhyde contenu dans les e-cigarettes est équivalent à celui de chewing-gums à la nicotine», estime l’expert.

D’autre part, le formaldéhyde n’est qu’un des soixante composés contenus dans la fumée du tabac, dont certains sont beaucoup plus nocifs pour la santé comme les goudrons ou le monoxyde de carbone, absents de la vapeur de e-cigarette.

Le débat sur la nocivité (ou non) de la cigarette électronique ne date pas d’hier. Cette dernière suscite la méfiance des autorités sanitaires depuis plusieurs années et, pas plus tard qu’en août dernier, un rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) alertait déjà sur la présence de molécules toxiques dans les cigarettes électroniques. À cette occasion, l’organisme mondial et le Centre américain de contrôle des maladies s’étaient clairement positionnés contre la vente aux mineurs et avaient appelé les gouvernements à interdire le vapotage dans les lieux publics fermés.

Mais l’OMS conclut qu’il «est très probable qu’en moyenne l’utilisation des inhalateurs électroniques de nicotine soit à l’origine de plus faibles expositions à des substances toxiques que les produits combustibles», comme les cigarettes classiques.

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